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22 février 2006

Commentaires

Free Cat

Ah les graffitis ! Celui là c'est un peu comme "Omar m'a tuer !". C'est la notion de "participe passé" qui a été "oubliée" ! :-))

bouldegom

ben oui...
les oubliés
les laissés-pour-compte
la france d'en bas
le sud
l'est
la sibérie
les gueux
la zone
la rue
les sans-toits
les sans droits
les exclus
les cmistes
les précaires
et ceux qui vont l'être
...
(je vous laisse continuer la liste noire)

Véronique

-> FreeCat
ce n'est pas au participe passé que je pensais...
-> Bouldegom

merbel

Il est des errerus d'orthographe qui agacent l'esprit et la vue , il en est d'autres qui révèlent un perception du monde absolument remarquable.
On attendait un impératif présent ("N'oubliez pas") et voilà qu'on se retrouve avec un participe passé ("N'oublié pas").Si on se laisse aller à l'analyse sur cette confusion , on peut tirer des conclusions saisissantes:

1. Il est absurde, irréaliste, impossible même que l'injonction, induite par le mode impératif, soit efficace dans le cas des oubliés. On peut dire "N'oubliez pas de vous laver les dents", et ce sera efficace, soit, mais comment nous imposer de ne pas oublier les oubliés? Il y a dans cet ordre, sans doute la volonté d'une déclaration de bonne intention mais n'est-ce pas d'une inefficacité totale?

2. Le participe passé affiché ici dénonce à lui tout seul l'hypocrisie de l'ordre. Un participe passé, en effet, dans un fonctionnnement verbal complet (participe d'un temps composé du passé), aurait dû être accompagné d'un auxiliaire. Mais franchement, où est l'auxiliaire des oubliés de notre société? N'est-ce pas la révolte et l'impuissance qui vous envahissent tout comme moi quand vous croisez sur les trottoirs de votre ville des SDF? Comment être les auxiliaires de cette misère? Ne sommes-nous pas réduits à n'être que les spectateurs apeurés d'hommes et de femmes à qui on a tout enlevé et qui pourraient bien être nos doubles si des grains de sable venaient enrayer nos vies?

Enfin, le fait que ce participe soit passé (et non présent) révèle cette façon que nous avons de justifier l'injustifiable. En fait, la misère serait "normale", "une affaire classée", puisqu'un legs qui remonterait au Moyen Age. Il est des analyses perverses pour nous expliquer que, ma foi, la mulitiplication des SDF n'est pas plus dramatique que la Cour des Miracles ou des gueux qu'on tenait déjà à bonne distance dans le Paris médiéval... Alors que , je le dis de toutes mes forces, c'est une saloperie!

Bravo, bravo à l'auteur d'un tel slogan! Et bravo à vous Véronique d'avoir su le photographier. Slogan enchâssé entre les barreaux d'une fenêtre aveugle et des feuilles mortes. Un génie de l'oeil (et de l'intention) incroyable!

Pour finir un peu plus gaiement, je vous livre un tag qui a longtemps fleuri sur un mur de ma ville

"A bas la calotte, vive la capote"

Free Cat

-> Véronique
"ce n'est pas au participe passé que je pensais..."

Regardez pourtant ce qu'a fait l'ami Merbel de ce concept grammatical, qu'il a malicieusement placé au centre d'un commentaire (dont lui seul a le secret) à propos de cette photo.
Toute la beauté de l'art réside souvent dans le fait que sitôt produit, il échappe à son créateur, pour générer autant de sens différents, qu'il aura de spectateurs ! :-)

Véronique

-> Bouldegom
Effectivement la liste est beaucoup beaucoup beaucoup trop longue....
-> Merbel
en prenant la photo, je n'ai pas du tout pensé à faire cette analyse du "participe passé", comme vous et Freecat !
Moi ? simplement "frappée"
" agressée" par ce message, qui était là pour ça.
Essayer d'imaginer celui qui a écrit ces mots : était ce un oublié lui aussi ? était un appel au secours pour tous les oubliés ? était ce simplement pour amuser ? pas de réponse.
Mais j'ai vu.. cela ne justifie en rien l'injustifiable. Tous nous voyons..
Lu dans le métro il y a un an ou deux
"Du pain sur les genoux
Les étoiles au loin, très loin
Je mange du pain en regardant les étoiles.
Je suis si absorbé, ô oui tellement,
ue parfois je me trompe,
Au lieu du pain je mange les étoiles"
Il n'y a pas que des désespérés, Il y a aussi des poètes chez les tageurs !

Véronique

-> FreeCat
Idem que pour Merbel

tombook

ceci dy n'oubly pa d'aler l'écaule!

dam

c'est poignant et efficace comme "panneau pub". Seguéla est passé par là ?

Véronique

-> Dam
Aurait il fait mieux ?

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